Dona Secret: Ada Amengual, qualifiée pour les affaires

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Ada Amengual est une femme investie dans le monde des affaires. A la tête d’un groupe européen du secteur automobile, elle fait partie d’un groupe de femmes combattantes et elle gère avec son mari une société de 110 salariés, réalisant un chiffre d’affaires de 160 millions et vendant 14 000 voitures par an. Perfectionniste, elle n’a d’indulgnece ni pour son environnement ni pour elle-même car elle aime son travail et est toujours à la recherche du meilleur résultat pour son entreprise et ses clients.

Elle vit depuis trois ans en Andorre, où elle a installé le centre névralgique de son groupe d’entreprises et, en outre, elle a créé Caropticom, une plateforme de développement numérique andorrane axée sur le secteur automobile.

Elle aime beaucoup voyager en famille, dîner avec des amis et faire de l’exercice. Faire du sport est sacré pour elle et elle y consacre une heure chaque jour. Elle a également commencé à faire du yoga, mais son vrai passe-temps est la médecine orthomoléculaire, un monde qui la passionne et dans lequel elle pense déjà s’investir, pour elle-même ou en participant à un futur projet lié à ce secteur.

Elle vit depuis trois ans en Andorre, où elle a installé le centre névralgique de son groupe d'entreprises et, en outre, elle a créé Caropticom, une plateforme de développement numérique andorrane axée sur le secteur automobile.
Ada

Pour ceux qui ne la connaissent pas, qui est Ada Janietz?
Une jeune femme d’affaires d’origine allemande, née au Luxembourg. Mère de 3 enfants, cosmopolite et sportive. Mes proches me décrivent comme un mouvement perpétuel, désireuse de lancer un nouveau projet chaque semaine. A la tête d’un groupe européen du secteur automobile, je fais partie du groupe des femmes combattantes. Avec mon équipe, je dirige le service des achats, combinant détermination, talent de négociatrice et intuition féminine dans un univers très masculin.

Comment vous définiriez-vous, quelles sont vos vertus?
Je suis une personne très active, résolue et je n’abandonne pas facilement. J’essaie d’être un exemple pour les gens que j’aime et je montre toujours une attitude positive. Ma famille est le pilier de ma vie, je ferais tout pour eux. Face à n’importe quel obstacle, je ne baisse jamais la garde et je refuse d’accepter le fatalisme. J’adore les langues et je les apprends rapidement à cause du besoin chronique de communiquer.

Et pourriez-vous nous avouer un défaut, si vous l’avez?
Mon meilleur ennemi est moi-même. Le perfectionnisme m’obsède et je n’ai guère d’indulgence envers mon entou- rage, pas plus qu’ envers moi-même. En un sens, c’est mon moteur, mais en même temps, un excès qui peut être insupportable, déja pour moi-même. Mon autre point faible est mon manque de patience. Cette vertu me sera toujours étrangère.

Elle vit depuis trois ans en Andorre, où elle a installé le centre névralgique de son groupe d'entreprises et, en outre, elle a créé Caropticom, une plateforme de développement numérique andorrane axée sur le secteur automobile.

Diplômé en commerce et en droit, laquelle de ces deux disciplines vous comble le plus?
Quand j’étais jeune, je rêvais de faire une carrière d’avocat. Je me projetais avec mes robes élégantes et mes chaussures à talons hauts, défendant mes clients dans les procès et traitant de grosses affaires. Mais pour ceux qui se souviennent de la série Ally MacBeal, c’est ainsi que ça s’est passé. Lorsque j’ai effectué mon premier stage dans un grand cabinet d’avocats réputé, à seulement 15 ans, j’ai réalisé que le monde des avocats n’était pas celui dont j’avais rêvé. Je me suis vue servir du café et faire des photocopies pendant des années, avant de pouvoir réaliser mon rêve qui était d’être unegrande avocate. Et je me suis demandée si je pourrais attendre tant d’années avant de passer enfin à l’action. Je ne voyais pas non plus clairement comment je pourrais concilier cette existence avec le désir de fonder un jour une famille. Tout cela me semblait trop passif et trop lent.

Quand je suis entrée, par les hasards de la vie ou peut-être était-ce le destin, dans le monde des affaires, j’ai très vite compris que c’était le chemin que je de- vrais suivre. Ne dépendre de personne, ne répondre que de mes propres actes, et surtout pouvoir changer les choses grâce à mon travail et à mon implication, a été une incroyable source d’énergie pour moi. Mes grands-parents étant tous commerçants, mon père avocat avant de devenir haut dirigeant d’une banque et ma mère étant journaliste spécialisée dans les questions économiques, je dirais que ma vocation n’a fait que sauter une génération. Clairement c’est le commerce qui me passionne le plus. C’est un domaine très vaste avec de nombreuses possibilités qui nécessite continuellement un esprit alerte et créatif. Mais ma vraie passion est de travailler en tant qu’entrepreneuse

Vous êtes du Luxembourg, qu’est-ce qui vous a amené en Andorre?
Je suis née et j’ai grandi au Luxembourg, mais mes parents sont d’origine allemande. Au final, je ne me considère pas allemande ou luxembourgeoise, mais européenne. J’ai pu voyager depuis mon plus jeune âge et, grâce au Luxembourg, j’ai eu la chance d’apprendre six langues.

Le Luxembourg et Andorre ont beaucoup de points communs. Ce sont des pays petits, agiles et internationaux. Nous n’avons pas la prétention d’apporter quoi que ce soit à l’Andorre. Au contraire, jusqu’à présent, Andorre nous a tout donné. Nous essayons de contribuer, à notre modeste niveau, à l’économie du pays, en créant des entreprises, des emplois et de nouveaux projets. Peut-être avons-nous une vision extérieure d’étrangers et pouvons-nous susciter de nouvelles idées. Nous voyons un grand potentiel de développement en Andorre, comme cela s’est produit au Luxembourg il y a quelques années, même s’il est vraiment impossible de comparer les deux. Plus que jamais, Andorre a besoin de nouvelles perspectives de croissance et de nouveaux secteurs pour construire son avenir.

Notre plate-forme de développement numérique andorrane, Caropticom, vise évidemment à se développer, mais elle est aussi la preuve qu’il existe de nouvelles possibilités. Nous sommes convaincus que le secteur numérique est une grande opportunité pour Andorre. Nous essaierons d’attirer du personnel qualifié de l’extérieur pour former les équipes locales. Nous collaborerons également avec les autorités pour adapter le cadre juridique aux besoins du secteur numérique et apporter des idées issues du terrain. Nous ne sommes pas les seuls nouvellement arrivés et motivés à ouvrir de nouveaux horizons. Tous ensemble, nous pouvons accompagner Andorre vers une identité allant au-delà des avan- tages de la fiscalité et des loisirs, vers un pays d’avant-garde et d’excellence. La contribution des étrangers comme nous réside dans cette nouvelle vision, dans la création d’emplois, en complément d’idées et de projets. La somme de ces petites contributions contribuera aux bons changements.

En outre, l’infrastructure existante dans le pays ne doit pas être sous-esti- mée. Je ne connais pas beaucoup d’en- droits où vous demandez la fibre optique pour un chalet perdu dans les montag- nes, et où 24 heures plus tard, la conne- xion est prête. Il y a aussi une population locale bien formée. Notre projet dans le pays n’aurait pas été possible sans nos partenaires andorrans spécialisés dans le développement informatique, et nous pourrions encore citer davantage de personnes. Si on fait la comparaison avec les pays voisins, il y a une multitude de choses qui vont très bien, même si on s’habitue trop vite à la facilité

Elle vit depuis trois ans en Andorre, où elle a installé le centre névralgique de son groupe d'entreprises et, en outre, elle a créé Caropticom, une plateforme de développement numérique andorrane axée sur le secteur automobile.

Aimez-vous notre pays?

Nous sommes venus en Andorre pour la première fois pour nous reposer, après un an de travail très intense, c’était en février 2017. À cette époque, nous vivions à Barcelone et nous recherchions un lieu propice au lancement de notre entreprise numérique, mais qui pourrait également nous offrir une vie de famille heureuse.

J’ai la manie de toujours regarder le marché de l’immobilier quand on voyage et, sur le chemin du retour, j’ai trouvé un article, publié par une agence, sur les avantages de vivre en Andorre. Je l’ai lu à voix haute à mon mari et nous avons rapidement décidé de déménager. Trois mois plus tard, nous avons commencé notre aventure andorrane.

J’avoue que j’ai eu un moment de panique en quittant la grande ville pour m’installer dans un pertit endroit au milieu des montagnes. Nous nous sommes mis d’accord pour faire un essai sur une année afin de voir si nous nous adapterions. Si vous me posez la question aujourd’hui, je dirai qu’il n’y a pas d’autre endroit où j’aimerais vivre. Il y a quelques mois, nous avons acheté une maison à La Massana et nous sommes heureux ici. Nos enfants refusent même de voyager parce qu’ils considèrent Andorre comme leur foyer. Beaucoup de gens sont attirés par les avantages fiscaux, mais il n’est pas possible d’être heureux sur le long terme si on ne retient que cet aspect. La nature est belle, les possibilités de sport sont infinies. Nous avons formé un cercle d’amis en très peu de temps et la vie sociale est incroyable. Les gens vous reçoivent rapidement, surtout les Andorrans qui ont été très accueillants. Le préjugé d’une mentalité fermée ne peut en rien se confirmer. Il y a beaucoup d’Andorrans parmi nos amis. Que peut-on demander de plus alors qu’on peut faire une escapade en montagne, aller au ski , ou profiter d’ un bon repas entre amis… et, en plus, l’avantage de pouvoir se procurer des aliments d’une production locale de qualité. Pas de criminalité, peu de pollution, on mange sainement, les magasins vous livrent tout à la maison… Quand on part en voyage (une chose que nous adorons également ) quand on passe la frontière à notre retour, on a la sensation de rentrer dans une bulle de paix et de tranquillité. Nous devons être très conscients de la chance que nous avons de vivre ici.

Où vivent-ils exactement?
Nous avons acheté une maison à La Massana, au pied de la montagne et à trois minutes du collège. Nous avons trouvé pour nous l’endroit idéal . Nous profitons de vues splendides en plei- ne nature et nous trouvons tout ce dont nous avons besoin à proximité.

Elle vit depuis trois ans en Andorre, où elle a installé le centre névralgique de son groupe d'entreprises et, en outre, elle a créé Caropticom, une plateforme de développement numérique andorrane axée sur le secteur automobile.

Peut-on dire qu’Andorre est désormais l’épicentre de son activité?
D’une certaine manière oui. Le secteur automobile a subi un profond changement ces dernières années. En fait, c’est le cas pour de nombreuses entreprises, et cette évolution s’est accélérée avec la récente pandémie de Covid-19. Le commerce en ligne devient de plus en plus important. Les négociants qui pensent toujours que leur vitrine est unique perdent du terra- in. Le client aujourd’hui a la mentalité «Amazon». Les acheteurs sont beaucoup plus informés et impulsifs. La notion de frontières et de distance a profondément changé ces dernières années. Quand quelqu’un veut quelque chose, il prend sa tablette ou son téléphone portable, fait une recherche et l’obtient à tout moment. Nous devons être préparés à ce changement. Il est essentiel de répondre à tout moment et de manière très réactive à une personne intéressée qui vous envoie une demande. Le premier à répondre qualitativement à un lead client s’assure une très forte probabilité de vente.

Les États-Unis ont de nombreuses années d’avance sur nous à ce niveau. Tout, y compris les voitures, peut être commandé en ligne et livré à votre domicile. Grâce à notre activité historique, nous avons pu ouvrir notre affaire en Andorre et nous disposons des liquidités nécessaires pour financer le lancement de notre plateforme numérique. Mais, tournés vers l’avenir, nous sommes convaincus que la société andorrane et notre passage au commerce numérique assureront la subsistance du groupe.

Êtes-vous le PDG d’AeroAutofactoria Group SA, basé dans 4 pays, que fait votre groupe de sociétés?
Nous agissons en tant que centrale d”achat pour les voitures au niveau européen. Nous achetons de gros volumes de voitures neuves pour l’occasion, directement auprès des constructeurs, et nous les distribuons dans toute l’Europe. No- tre activité est assez méconnue, car nous agissons en tant qu’intermédiaire dans la chaîne de distribution automobile. Nous vendons la plupart de ces véhicules à des clients professionnels, c’est-à-dire des “compravendes” et concessionnaires dans différents pays, dont la volonté est de diversifier l’ offre et de développer la vente de voitures d’occasion de qualité, avec seulement quelques kilomètres et d’origine certifiée . Nous fournissons de nombreux services directement liés, tels que la logistique, le financement de la marchandise, la réparation, la gestion des leads, les enquêtes de satisfaction ou le marketing en ligne. Un client professionnel accède, à travers nos services, à une offre de produits complémentaires, importés de l’étranger, ce qui lui permet d’ ‘élargir son spectre de vente en toute sécurité et commodité.

De plus, nous nous consacrons à la vente classique au client final, même si elle ne représente qu’un très petit pour- centage de notre chiffre d”affaires. Au Luxembourg, nous opérons en tant que concessionnaire officiel de la marque Honda. En Allemagne, au Luxembourg et en Espagne, le modèle commercial est le même. La filiale espagnole dispose également du premier atelier automobi- le industriel pour flottes, certifié par Dekra Allemagne, avec des processus très avantgardistes..

En Andorre, nous ne faisons pas de compravenda de voitures et nous n’avons pas l’intention de le faire. Ici, nous héber- geons réellement tout notre développe- ment numérique, de la création de logiciels pour notre secteur très spécifique aux services commerciaux plus courants tels que le lead management, le marketing en ligne et le centre d’appels.

Votre entreprise a connu une croissance stratosphérique depuis que vous avez rejoint ce projet. Quel est le succès d’AeroAutofactoria?
Nous maintenons une bonne croissance depuis quelques années maintenant, mais le mot succès inspire beaucoup de respect. Le succès est une chose trop éphémère. Il faut savoir apprécier les réalisations tout en gardant la tête froide. Une entreprise, aujourd’hui, ne dépend plus seulement de vous, ni de l’effort que vous y mettez, mais de nombreux paramètres externes capables de changer la situa- tion. Nous avons également connu des années très difficiles. C’est quelque chose qui marque profondèment et apprend à être constamment vigilant, humble et en mode survie.

Notre modèle d’entreprise fonction ne parce que nous opérons dans une niche. Nous faisons partie des premières entreprises du secteur à avoir eu une orientation très européenne, alors que les autres étaient encore très concentrées sur leurs marchés nationaux. L’ancienneté vous confère de l’expérience et un capital financier. Le commerce automobile néce- ssite des fonds propres et des liquidités très importantes.

Notre identité, en tant qu’entreprise de taille moyenne, nous permet d’être très réactifs. La flexibilité, aujourd’hui, est la clé de tout. Il faut être capable de s’adapter à tout moment. Ensuite, il y a la philosophie d’u négoce que vous pouvez vraiment contrôler. Le plus important est d’être une entreprise sérieuse, qui tient parole. Dans notre secteur, malheureusement, ce n’est pas toujours évident. Le secteur automobile, en particulier les voitures d’occasion, a une réputation con- troversée.

Mon mari et moi sommes une fusion constante d’idées et nous essayons d’anticiper les changements de la meilleure façon possible, comme par exemple en créant notre entreprise ici en Andorre. Ce n’est qu’une partie, mais derrière tout cela, il y a aussi des collaborateurs. Vous pouvez être le meilleur entraîneur du monde mais sans une grande équipe, vous ne réussirez jamais rien.

Quels services offrez-vous, en dehors de la vente traditionnelle?
Nous fournissons des voitures d’occasion neuves aux professionnels de l’industrie et aussi, dans une moindre mesure, à des clients particuliers.

Nous disposons d’ateliers mécaniques certifiés, tant pour les clients flottes que pour les particuliers. Au sein des différents services que nous proposons, nous finançons les voitures, gérons la logistique, assurons les livraisons au domicile des clients et tout le SAV lié au commerce. Nous avons également une activité de flotte avec un concept de location innovant et flexible pour les entreprises de taille moyenne. Pour boucler le cercle, nous couvrons tout l’aspect numérique, développement de solutions informatiques et vente en ligne, depuis Andorre.

Et quel est votre fait de différenciation par rapport aux autres entreprises du secteur?
Nous avons la chance d’être très peu nombreux à travailler dans ce créneau. Il y a peut-être une dizaine d’entreprises en Europe qui font ce travail. Nous avons tous un modèle de distribution très différent. Nous n’avons jamais voulu être en compétition avec les réseaux de concessionnaires, au contraire. C’est pourquoi nous nous spécialisons également dans les voitures d’occasion neuves et non dans les voitures neuves. Nous agissons comme un petit régulateur de marché, à des moments ponctuels, pour permettre aux marques de maintenir des prix stables, chaque fois qu’elles doivent déplacer un certain volume de voitures vers un autre pays, afin de ne pas dévaloriser un produit sur un marché qui n’est pas capable de l’absorber, ou bien parce que, stratégiquement, il doit d”abord absorber les nouvelles voitures sortant de l’usine. Nous travaillons très discrètement.

D’autres entreprises mènent leurs affaires d”une autre manière, sans juger qu’ elle soitt bonne ou mauvaise. Certaines ont une brillante stratégie de vente en ligne pour le client particulier à un prix discount, d”autres ne font que des compravendes non officielles, et il y a aussi ceux qui n’interviennent que lorsque le fabricant a un problème, profitant de la situation pour obtenir des prix. très agressifs.

Nous avons toujours cru en la continuité pour fidéliser le négoce. Nous nous considérons plus comme un partenaire des marques et un fournisseur supplémentaire de produits pour les conces- sionnaires, sans vouloir être une concurrence.

Comme il s’agit d’une activité qui demande beaucoup de liquidité, d ‘expérience et une large connaissance des produits, cela limite fortement le nombre d’entreprises pouvant intervenir, à ce niveau, dans la chaîne de distribution automobile. Parmi les quelques entreprises dédiées à ce secteur, chacune détient son propre concept.

Elle vit depuis trois ans en Andorre, où elle a installé le centre névralgique de son groupe d'entreprises et, en outre, elle a créé Caropticom, une plateforme de développement numérique andorrane axée sur le secteur automobile.

Engagés dans le sport de haut niveau, ils ont été les sponsors de Cyril Despres et Mike Horn, pour le Dakar 2020, vont-ils aussi répéter l’expérience cette année?
Bien sûr. Cette participation est avant tout le fruit de l’amitié avec Cyril. A travers lui, nous avons rencontré Mike et avons décidé de suivre ce tandem incroyable dans la dernière aventure de DAKAR. Le fil qui nous unit, c’est que nous avons tous commencé une carrière très différente à partir de rien, juste à partir d’une feuille blanche. Quand nous sommes démotivés, nous assistons à une conférence de Mike et soudain on pense “mais je n’ai encore rien fait dans cette vie”, il en fau t pas abandonner, puis vous remettez les piles rapidement. L’association de Mike, l’aventurier sans limites, et Cyril, en tant que grand athlète, est très spéciale. Atypique dans le monde du sport automobile. Nous avons adoré cette symbiose, même si nous avons hésité à mélanger amitié et travail, ce qui est est souvent compliqué. Mais, comme ce fut une expérience incroyable et très motivante, nous avons convenu avec tous nos collaborateurs de recommencer en 2021 et nous avons hâte de voir débuter cette prochaine édition.

Qu’attendez-vous de cette participation avec un moteur à hydrogène?
Nous ne croyons pas à l’avenir de la voiture électrique, telle qu’elle est actuellement promue. C’est un point de vue très personnel fondé sur une vision de l’intérieur de notre secteur. Nous n’avons pas la capacité de produire suffisamment d’électricité. Les batteries sont fabriquées en dehors de l’Europe et dans des conditions douteuses. Nous perdons des emplois et sous-traitons un savoir-faire important.

Afin de couvrir ce besoin énergéti- que, un pays comme l’Allemagne revient aux usines de charbon. Tout cela n’est pas écologique.

On ne parle pas non plus de la fin des piles. Comment ces déchets sont-ils recyclés et où finissent-ils? Nous n’avons aucune infrastructure européenne pour faire face à ce changement d’énergie forcé.

Mike, en tant qu’ observateur de la planète, est témoin du changement climatique. Cyril, en tant que passionné par son sport, est très conscient du défi environnemental qui nous est proposé, notamment dans le secteur automobile. Ils combinent des connaissances très importantes pour ce projet. Nous pensons également que l’hydrogène peut être une véritable alternative aux moteurs à énergie fossile. Cela semble être une bonne idée de tester cette nouvelle éner- gie propre, dans une course comme le Dakar, pour prouver sa viabilité dans des circonstances très difficiles et dans le but d’engager une véritable évolution des moteurs vers une solution vraiment viable qui peut protéger l’environnement. Nous espérons que ce sera le début d’une nouvelle réflexion pour accompagner ces changements énergétiques nécessaires dans le futur.

Une femme contrôlant un monde intimement lié aux hommes, comment évolue-t-elle dans ce secteur?
Le monde de l’automobile est certaine- ment très masculin. Quand j’ai commencé ma carrière, à 21 ans, j’ai dû négocier avec des hommes beaucoup plus âgés que moi, également plus expérimentés. Leurs réactions étaient très différentes selon les profils et les nationalités. J’ai dû lutter à plusieurs reprises pour gagner le respect professionnel. Il faut être être très habile car en tant que femme, vous devez défendre votre position, garder vos distances et, au final, atteindre votre objectif. Mais le monde a également évolué. J’ai rencontré à plusieurs reprises des hommes plus respectueux et compétents que le profil machiste souvent associé à cette industrie le laisserait penser. Être une femme dans un environnement masculin présente également de nombreux avantages. Les hommes se font concurrence rapidement entre eux, mais devant une femme, ils essaient de tenir une attitude plus chevaleresque. Les négociations ne se font pas de la même manière.

Curieusement, il a été presque plus difficile de défendre ma place au sein de mon entreprise. Je suis arrivée après mon mari, et il était très jeune, à l’époque nous n’avions qu’une petite affaire de “compra- venda”. Je n’ai jamais voulu être «la femme de» et je pars de la conviction que vous occupez une place pour votre légitimité et votre compétence. Alors, dans les premières années, j’ai obtenu mon diplô- me et j’ai gagné un salaire d’étudiante, travaillant aux côtés de mon mari et diri- geant les équipes et la compagnie. Les moments les plus difficiles ont été quand j’ai eu nos enfants. J’ai toujours travaillé jusqu’au dernier jour de la grossesse, au point que mes prestataires pariaient que, 24 heures après l’accouchement, je les appellerais. Je n’ai jamais considéré une grossesse comme une maladie, et de toute façon, personne ne pouvait me remplacer. Après chaque enfant, j’ai travaillé pendant environ six mois depuis la maison, pour pouvoir concilier travail et maternité, car mon mari allait au bureau tous les jours. Quand on revient dans l’entreprise, c’est très difficile, car les gens vous considèrent toujours comme absente, mère, et qu’on ne voit que la référence de l’homme, qui dans ce cas particulier, était mon mari. C’est une attitude, non seulement des hommes, mais aussi des femmes dans une entreprise.

Aujourd’hui, je le prends plus philosophiquement. Trouver votre place dépend de vous. Une femme forte et confiante peut réussir dans n’importe quel secteur.

Elle vit depuis trois ans en Andorre, où elle a installé le centre névralgique de son groupe d'entreprises et, en outre, elle a créé Caropticom, une plateforme de développement numérique andorrane axée sur le secteur automobile.

Elle est mère de trois jeunes enfants, comment conciliez-vous travail et famille?
Concilier les deux est un défi quotidien. Vous avez toujours le sentiment de ne pas couvrir entièrement les besoins. Depuis que nous avons des enfants, nous essayons de leur consacrer les weekends. Pendant la semaine, c’est le stress absolu. D’une manière ou d’une autre, c’est toujours réalisé. Mon moment préféré est le vendredi soir, quand j’ai envie d’un verre de vin et que je me déconnecte de tout. Je suppose que ça doit être le cas de plus d’ une maman. Les erreurs sont inévitables. J’ essaie de donner le meilleur de moi-même pour êtrer la super maman, super travailleuse, super épouse, mais sans perdre le glamour que nous som- mes censées avoir toujours. Ça a l’air parfait, mais j’avoue que parfois je finis par être épuisée, à vouloir porter un sac et un pyjama. Mais je ne me verrais pas vivre autrement.

Tout le monde dit qu’il est difficile de travailler avec votre partenaire, comment vous entendez-vous avec votre mari?
Je ne le changerais pour rien au monde. Je suis convaincue qu’un couple peut du- rer si tous deux regardent toujours dans la même direction. Il existe de nombreu- ses façons d’y parvenir, mais il y a aussi beaucoup de couples qui finissent par se séparer, parce que la vie les éloigne. Nous avons le même projet, un objectif commun et cela unit beaucoup. La clé est de séparer la vie professionnelle de la vie familiale. La formule parfaite n’existe pas. Chacun doit trouver son équilibre. Nous nous complétons à merveille. Mon mari dirige l’entreprise et je suis responsable des achats. La séparation des tâches nous permet à tous les deux d’avoir notre propre espace. Nous nous disputons très peu, peut-être deux fois par an.

En plus du travail, avez-vous également le temps de vous adonner à d’autres activités non professionnelles?
La vérité est qu’ il me reste très peu de temps, mais que j’ essaie d’en profiter au maximum. Le temps que je réserve pour faire du sport est sacré. Une heure chaque jour pour me vider l’esprit. Ensuite, j’ai les week-ends en famille et entre amis. Avant, nous travaillions continuellement, mais lors que notre première fille est née, nous avons décidé de lui réserver quelque temps. C’est un bon équilibre. Nous verrons si nous pouvons avoir un peu plus de temps dans quel- ques années agfin de pouvoir voyager sur de plus longues périodes.

Tu fais du sport?
Le sport est mon élixir de vie et j’essaie de passer une heure par jour à faire de l’exercice. Selon mes proches, je suis insu- pportable si je n’ai pas la possibilité de le pratiquer. Je fais de la musculation et du HIIT avec un entraîneur. Chaque fois que je peux, je fais du trekking ou du ski alpin avec mon mari. Il y a quelques mois, j’ai aussi commencé le yoga. Auparavant, je refusais d’admettre que c’ était un sport, mais j’ai découvert que c’était une  discipline magnifique. Non seulement pour le corps, mais aussi pour l’esprit, la concentration et la relaxation.

Est ce que tu as un hobby?
Mon hobby est la médecine orthomoléculaire. Je suis fascinée par l’épigénétique. Comme je n’ai pas le temps de lire pendant la journée, je consacre mes moments de mouvement ou de douche matinale à des livres audio. Les effets sur le corps de la nutrition, des compléments, du sport, me fascinent. Nous pouvons améliorer notre santé de façon incroyable grâce à ces outils. Lancer un jour un projet dans ce domaine ou y participer serait mon rêve.

Qu’attendez-vous de votre avenir professionnel?
C’est drôle parce qu’ on m’a posé la même question l’année du BAC. J’ai répondu lors que je voulais un travail stressant et une BMW. Je dirai donc la même chose.

Je n’aspire à rien de particulier. Je suis évidemment ravie d’atteindre nos objectifs et de voir l’entreprise continuer de croître, mais je ne connais aucun chef d’entreprise qui ne répondrait ainsi. La chose la plus importante de toutes, et je le répète souvent à mes enfants, est de se lever chaque jour avec l’envie de faire son travail. J’espère avoir toujours cette passion. Nous connaissons tous des hauts et des bas, et nous avons vécu des moments très difficiles dans notre entreprise, mais travailler avec un stress positif et prendre mes décisions librement est quelque chose qui me satisfait beaucoup. Je veux atteindre nos objectifs et continuer à me développer en tant que personne face aux défis commerciaux que nous devons relever chaque jour.

Et votre avenir personnel?
Pour moi, ma famille est plus importante que tout. Si je peux profiter de mes enfants et de mon conjoint chaque jour, je suis heureuse. Ce que j’espère réussir, c’est de pouvoir nous libérer un peu de la pression du travail que nous subissons quotidiennement et de pouvoir voyager davantage, d’enseigner le monde à nos enfants.

J’aurai peut-être la chance de me consacrer à mon hobby et de le transformer en un nouveau projet d’ici quelques années. Conserver santé et énergie pour partager des dîners et des bons vins en compagnie de mes amis. Je me considère très chanceuse, déjà de profiter de ces belles choses que nous donne la vie.

Elle vit depuis trois ans en Andorre, où elle a installé le centre névralgique de son groupe d'entreprises et, en outre, elle a créé Caropticom, une plateforme de développement numérique andorrane axée sur le secteur automobile.

Ada Jenny Amengual
Date et lieu de naissance: 23.02.1983 Luxembourg
État civil: Marié
Enfants: une fille de 10 ans, une fille de 8 ans et un garçon de 5 ans
Formation:
Baccalauréat: Athénée du Luxembourg, au Luxembourg
Droit franco-allemand: en Allemagne, Faculté de Sarrebruck Diplôme de commerce international: à Strasbourg, Ecole de Commerce Grandjean.
Travail supplémentaire pendant les études: modèle au Luxembourg et à Milan. Serveuse dans le bar branché Cat Club à Luxembourg le week-end. Les deux activités, pendant deux ans.
Carrière professionnelle:
En 2005, elle a débuté, à AeroAutofactoria Luxemburg, de manière improvisée. Là, elle a rencontré celui qui est aujourd’hui son mari, partenaire et père de leurs enfants. Il a commencé à l’ aider et à lui apprendre comment l’entreprise fonctionnait, peu de temps après elle a interrompu sa carrière en droit. Les années suivantes passent entre les voitures et les avions, développant le commerce et réalisant des opérations de plus en plus importantes.

En 2006, ils ont déménagé en Espagne pour créer une filiale et en 2008, ils ont officiellement ouvert le premier atelier industriel certifié par DEKRA Allemagne, en Catalogne.

En 2013, ils ont ouvert une concession Honda au Luxembourg. En 2014, ils ont ouvert un centre de vente multimarques de 12 000 m2 en Allemagne et un showroom de 6 000 m2. En 2016, ils se consacrent au développement des 3 sociétés de gestion de flotte qu’ils dirigent. En 2017, ils créent la société andorrane Caropticom, plateforme de marketing, de gestion numérique et de développement informatique. En 2018, ils développent un centre logistique en Allemagne, avec deux nouveaux entrepôts de plus de 30000 m2 accumulés. Et en 2020, ils acquièrent un immeuble au Luxembourg pour le lancement d’un centre de vente de véhicules premium. En 15 ans, Ada a réalisé une incroyable carrière professionnelle, car elle et son mari dirigent un groupe de 110 employés, génèrent un chiffre d’affaires de 160 millions et vendent 14 000 voitures par an. Ils sont en Andorre depuis 3 ans et développent un projet numérique lié au monde de l’automobile, qui sera une grande révolution pour le secteur.

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